Campagnes d’éducation sanitaire

Durant ses cinq premières années d’activité, la Fondation a organisé plusieurs campagnes d’éducation sanitaire à travers le Royaume, tout en apportant son assistance à certaines formations hospitalières. Ont pris part à chaque campagne des médecins des spécialités oto-neuro-ophtalmologiques, du personnel paramédical ainsi que des techniciens sanitaires. Ces campagnes duraient de cinq à sept jours dans une ville ou province du Maroc, et associaient trois types d’activités : des soins médicochirurgicaux, des conférences et des séminaires avec les médecins de la région (des secteurs public et privé) et des réunions publiques d’éducation sanitaire et de sensibilisation sur les maladies du système nerveux.

Ainsi, dix campagnes ont été organisées dans les wilayas et provinces de Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Al-Hoceima, Nador, Fès et Oujda avec une durée moyenne de cinq jours. Toutes ces campagnes étaient organisées par la Fondation en collaboration avec les directions provinciales du Ministère de la Santé, le Centre Hospitalier Ibn Sina et l’Hôpital des Spécialités. Les résultats de ces campagnes sont détaillés dans les bilans annuels de la Fondation.

Equipements médicaux au profit des hôpitaux

En plus de l’acquisition des dispositifs médicaux pour les patients démunis, la Fondation a pu contribuer au démarrage du Service de Neurochirurgie de l’Hôpital El Kortobi à Tanger en fournissant du matériel médical en 1990. En 1993-1994 la Fondation a équipé le bloc opératoire de l’Hôpital des Spécialités (Rabat) par l’acquisition d’un aspirateur à ultrasons (Cavitron), d’un cadre stéréotaxique, d’un microscope opératoire et d’un laser chirurgical. Le coût total de ces équipements s’élevait à cinq millions de dirhams.

Ces équipements ont permis une avancée considérable dans la pratique de la neurochirurgie, car chacun de ces appareils présentait, à l’époque, une avancée révolutionnaire dans la chirurgie crânienne : l’aspirateur à ultrasons permet de fragmenter les tumeurs cérébrales et de les aspirer. Le microscope opératoire apporte la lumière et le grossissement à la neurochirurgie, ce qui permet de distinguer les structures normales des structures pathologiques, et d’opérer sur des éléments de dimensions millimétriques. Le laser chirurgical permet d’évaporer les lésions pathologiques, et le cadre de stéréotaxie de faire des gestes chirurgicaux sans ouverture du crâne.
Bien entendu, des centaines de patients de l’hôpital, pour la plupart démunis, ont bénéficié de ces technologies.

Tous ces équipements nécessitaient une maintenance pour assurer leur fonctionnement optimal. Cependant, les moyens financiers de l’hôpital n’étaient pas en mesure de le garantir. Il était donc primordial pour la Fondation de penser, pour l’avenir, un mode de partenariat public-privé plus élaboré et plus productif, pour assurer la gestion des équipements de haute technologie acquis par la Fondation, selon un mode privé à but non lucratif, afin d’assurer les recettes nécessaires pour la maintenance et l’amortissement de ces équipements.

Unité d’Imagerie par Résonance Magnétique Nucléaire

Grâce à un don du Royaume de l’Arabie Saoudite, la Fondation a pu acquérir, en 1993, un équipement de pointe pour l’exploration du système nerveux: un appareil d’imagerie par résonance magnétique performant, dont la puissance était de 1.5 Tesla, permettant d’obtenir des images anatomiques des structures cérébrales, vasculaires, cervicales, thoraciques, abdominales et des membres dans les trois plans de l’espace.

La technique IRM commençait à être utilisée en médecine en Europe et en Amérique du Nord au début des années 1980 (1982). Cette machine, acquise par la Fondation au profit de l’hôpital des Spécialités, était le premier appareil d’IRM introduit dans un hôpital public au Maroc. Son coût s’élevait à trente millions de dirhams. Une telle machine est très coûteuse en termes de maintenance. Ainsi, s’agissant d’un don du Roi Fahd de l’Arabie Saoudite à la Fondation Hassan II, il était impératif d’en informer Feu Sa Majesté Hassan II. Au cours de la présentation de cette nouvelle technologie, nous avons insisté sur l’importance du coût de sa maintenance. Feu Sa Majesté Hassan II a suggéré de trouver à cette technologie un mode de gestion qui permettrait d’assurer son amortissement et sa maintenance. La Fondation a proposé au Centre Hospitalier Ibn Sina (CHIS) et au Ministère de la Santé d’assurer le fonctionnement de cette unité d’IRM sur un mode privé à but non lucratif afin d’avoir les recettes suffisantes à la maintenance et l’amortissement, tout en permettant aux patients démunis de bénéficier de cette technologie.

C’est ainsi qu’en 1993, une première convention de partenariat a été signée entre la Fondation, le CHIS et le Ministère de la Santé pour la gestion de l’Unité d’IRM installée à l’Hôpital des Spécialités. Selon cette convention, la Fondation assure la gestion administrative et financière de l’unité, et le CHIS assure la gestion médicale, et détache le personnel médical et paramédical qui travaille à l’Unité en tant que vacataire.

Cette expérience de partenariat public privé institutionnalisé par une convention écrite, était salutaire pour cette nouvelle technologie de pointe introduite pour la première fois au Maroc, et dont les pannes prolongées ne pouvaient être tolérées par les demandes souvent urgentes des patients. La maintenance a pu donc être assurée correctement d’année en année. Des milliers de patients ont pu être explorés (3 à 4 mille par an), et la machine a pu être remplacée douze ans plus tard (2006) avec une nouvelle plus performante et qui fonctionne avec le même mode de gestion à ce jour.

C’est un exemple de partenariat public-privé incontestablement réussi et bénéfique pour les deux parties, mis en place depuis 24 ans (1993-2017) et que le ministère de la santé et les CHU devraient adopter pour acquérir les technologies de pointe nécessaires aux avancées de la médecine, mais dont le coût et la maintenance dépassent les possibilités budgétaires de ces institutions.

Construction et équipement du Centre National de Réhabilitation et des Neurosciences (CNR-NS)

La création du CNR-NS répond aux Hautes Directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, contenues dans la Lettre Royale datée du 28 octobre 2000, et adressée aux participants au symposium international organisé par la Fondation sur le thème « prévenir et guérir pour moins d’handicaps à l’avenir ». Sa Majesté demandait aux participants de réfléchir sur un plan National de prévention de l’Handicap au Maroc. Or, un travail réalisé par la Fondation Hassan II pour la Prévention et la Lutte contre les Maladies du Système Nerveux, en collaboration avec le Secrétariat d’Etat aux handicapés (Mai-Septembre 2000), avait révélé qu’environ 80% des handicaps au Maroc sont secondaires aux maladies du système nerveux.

Le Plan souhaité par le Souverain imposait donc la mise en place d’un Centre de Neurosciences disposant de technologies modernes et d’un personnel qualifié, afin d’assurer le diagnostic et le traitement précoces des maladies du système nerveux et d’éviter leur évolution vers des séquelles lourdes à l’origine de ce grand nombre d’handicaps dans notre pays.

Le projet a été validé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 5 mai 2001 et la pose de la première pierre pour sa construction a eu lieu le 12 juillet 2001, par son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid. Ce projet, dont le coût s’élève à environ 170 (cent soixante-dix) millions de dirhams, a nécessité huit ans pour sa réalisation. Ouvert aux patients depuis juin 2008, il représente aujourd’hui un deuxième exemple réussi de partenariat public-privé dans le domaine de la santé. Les chapitres suivants présentent, dans le détail,toutes les informations sur le Centre National de Réhabilitation et des Neurosciences.

Telle est la démarche suivie par la Fondation Hassan II pour la Prévention et la Lutte contre les Maladies du Système Nerveux au cours de ses 28 premières années d’activité. D’abord pour favoriser le rapprochement d’une fondation (institution privée à but non lucratif) d’un hôpital (institution publique), et pour mettre en place, ensuite un partenariat public privé dont la réussite, démontrée à travers l’exemple du Centre National de Réhabilitation et des Neurosciences, devrait inciter les pouvoirs publics à encourager ce type de partenariat au profit des hôpitaux publics, qui courent actuellement un risque sérieux de dégradation avec l’ouverture de la médecine au capital privé.